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Etudier le Droit

L’étude du droit ouvre la voie à différentes orientations professionnelles dont l’exercice, à Haïti, est le plus souvent subordonné à la détention au moins d’une licence en droit. La licence sanctionne un programme de quatre ans suivi d’un mémoire de sortie. L’étudiant admis  à un programme de droit d’une université ou d’un centre d’étude supérieure, doit satisfaire  aux conditions académiques, financières et disciplinaires de son établissement.

L’admission
Les conditions d’admission aux programmes de droit varient suivant l’université. Mais en général, le postulant (sans considération de sexe) doit:

  1. être détenteur au moins d’un certificat de fin d’études secondaires ou équivalent
  2. être détenteur  d’un certificat de bonnes vie et mœurs récent
  3. payer les frais d’inscription
  4. être parmi les vainqueurs du  concours d’entrée

Les principales matières des programmes de droit
Les programmes de licence introduit l’étudiant à une vingtaine de matières dont les plus communes sont : 
- La sociologie
- L’économie
- La méthodologie
- Les statistiques
- L’histoire du droit 
- Le droit civil
- La procédure civile
- Le droit pénal
- La procédure pénale
- La criminologie
- Le droit administratif
- Le droit du contentieux administratif
- Le droit du travail
- Le droit des affaires
- Le droit constitutionnel
- Le droit international privé
- Le droit international public
- Le droit des organisations internationales
- Le droit maritime
- La philosophie du droit
- La sociologie du droit   
- Les droits humains  
- L’interprétation juridique

Le syllabus
Ordinairement, les grandes lignes d’un cours se trouve dans un syllabus distribué par le professeur et accessible sous différents formats. L’étudiant est encouragé à se référer régulièrement  à ce guide. Un syllabus est important parce qu’il établit  le plan général d’un cours, les notions et chapitres à couvrir. Il peut aussi présenter à l’avance les activités et devoirs d’une classe  avec leurs dates d’échéance. Le syllabus contient souvent une liste des documents obligatoires et facultatifs choisis par le professeur. De plus, il peut définir les modes d’évaluation des étudiants.

Les sources
L’étudiant en droit se familiarise avec un ensemble de ressources textuelles et non textuelles pour tendre vers l’excellence.  Il distingue les valeurs des différents types de documents et leurs utilisations particulières.  Les principaux types de textes qu’il utilisera sont les suivants :

Dictionnaires ou lexiques juridiques.

On ne peut être un bon étudiant du droit  sans maitriser les nuances du jargon juridique. Le droit a un langage qui lui est propre ; il se développe non  pour confondre les gens ni pour faire de la pédanterie mais pour préciser les réalités juridiques.  L’étudiant n’a pas besoin de mémoriser le dictionnaire ni nécessairement d’apprendre les formules latines dont la plupart sont devenues désuètes.  Cependant, Pour consulter fructueusement  n’importe quel autre document de droit  il  est avisé d’avoir accès à un lexique de termes juridiques.

Encyclopédie juridiques

C’est une compilation d’articles de droit arrangés alphabétiquement ou thématiquement référant vers d’autres articles.  Ce type de document est utile particulièrement pour initier les recherches  de dissertation de droit.

Les manuels, polycopies de cours et mémentos

Les polycopies sont  le contenu d’un cours préparé le plus souvent  par le professeur. Les manuels et précis sont des livres destinés spécialement aux  étudiants. Leurs divisions et subdivisions en chapitres, sections, sous-sections, paragraphes et alinéas facilitent l’étude. Avant  les classes et conformément à son syllabus, l’étudiant peut avoir à lire des parties déterminées de ses manuels. Ces premières  lectures peuvent se faire à vol d’oiseau et  peuvent se limiter  à  l’identification du plan et de l’agencement des éléments clés du sujet à étudier.

Après l’exposé, l’étudiant fera des lectures plus approfondies des manuels. Il est bon de consulter, autant que possible, plusieurs manuels sur un même sujet, car les auteurs ont des interprétations et des styles différents. A ce niveau l’étudiant compare ses notes avec ses manuels. Les mémentos  sont des résumés de cours avec des plans clairs et  utiles principalement pour les révisions.

Les traités de droit

Ici traité ne réfère pas au droit international. Les traités comme les monogrammes  sont des publications de travaux rigoureux d’experts. Ils sont recommandés pour les devoirs de recherche et le mémoire de sortie. La consultation préalable d’autres documents peut aider à la compréhension des traités.

Les  articles de périodiques

Ces textes sont utiles à l’étudiant qui veut s’informer des controverses et  actualités juridiques  et les intégrer dan ses  cours. Ils aident aussi à trouver des sujets de recherche.

- Les documents normatifs
Ils sont les sources même du droit. Ce sont, par exemple, les constitutions,  lois, décrets, les  règlements administratifs, et les  contrats. Le nouvel étudiant passe plus de temps à lire les documents dérivés pour pouvoir plus tard comprendre les documents normatifs.

Attention ! L’étudiant doit s’assurer que les documents juridiques sur l’internet sont de sources fiables. L’étudiant haïtien gagne à discerner là où  le contenu et les références des  documents, en particulier des textes  étrangers, correspondent  ou non à l’état actuel du droit haïtien.

La motivation
L’étude du droit compte parmi les plus difficiles mais aussi parmi les plus enrichissantes activités intellectuelles qui soient. L’excellence dans cette étude  dépend tant de l’énergie qui y est investie que de son organisation intelligente. L’étudiant ne peut poursuivre  avantageusement un programme de licence en droit sans être suffisamment motivé. La motivation résulte d’une combinaison de facteurs internes et externes  le poussant  à surmonter les obstacles. Le niveau de motivation peut varier, mais  l’étudiant doit être si intéressé et avoir assez de confiance en lui-même que de pouvoir se relever  malgré ses  découragements.

L’absence d’objectifs

L’absence d’objectifs réalistes peut constituer un important obstacle à la motivation. L’étudiant est invité  à se fixer des objectifs compatibles à ses moyens et situations pour l’ensemble du curriculum  et  pour chacun de ses cours. Ils les contrôlent et révisent fréquemment. Sans objectifs l’étudiant sera perdu dans un océan de distractions. S’il s’établit des objectifs trop élevés par rapport à sa situation, son énergie sera consumée par la frustration et il perdra, enfin de compte,  le désir  de continuer.

L’intimidation

C’est un autre facteur pouvant affecter négativement la motivation de l’étudiant en droit. Premièrement, le volume des cours peut l’effrayer. Aussi,  la composition de ses classes et leurs effectifs peuvent lui rendre très inconfortable. Le novice entouré  de  jeunes ou d’adultes ayant déjà fait des études supérieures peut exagérer son ignorance et se résigner au silence et à la passivité. Cependant, si l’étudiant comprend qu’il ne se prépare plus pour des concours, il peut au contraire noter les interventions des autres étudiants , faire des recherches   personnelles relatives à leurs  interventions  pour pouvoir au fur et à mesure participer dans les sessions.

Les conflits

Des fois, les principes de droit et les convictions sociales, politiques, philosophiques, économiques ou religieuses de l’étudiant peuvent être en dissonance. Cela peut troubler sa conscience si bien de lui faire  perdre le désir de continuer ses études juridiques. Par contre, ce possible malaise  peut être  une source de  stimulation intellectuelle. Avec un esprit ouvert, il peut  affronter ces crises. Une bonne façon de s’y prendre consiste à ne pas rejeter d’emblée ni ses  convictions ni  les principes du droit mais à essayer d’évaluer leurs fondements. Des conversations avec des experts ou leaders  des domaines  conflictuels peuvent en  être très utiles. Si le trouble persiste, c’est probablement un bon indicateur que l’étudiant possède  un bon problème, donc un bon sujet pour son mémoire de sortie. 

Les conférences
Les cours sont offerts souvent sous la forme de séries de conférences magistrales. A  Chaque session,  l’instructeur fait un exposé suivant son syllabus. Il reçoit des questions pendant ou en fin de discours en accord avec les principes établis. Dans certaines classes la présence et la participation sont exigibles, dans d’autres elles sont moins contraignantes. Qu’importe, l’étudiant se rendra un grand service d’assister et de participer régulièrement aux sessions. Généralement les professeurs ne dictent pas leurs exposés, donc l’étudiant prend des notes. Il peut aussi ou enregistrer les conférences avec l’assentiment du professeur.

Les notes

Les notes sont personnelles. Tous les étudiants n’ont pas besoin de prendre exactement les mêmes notes. Ils n’ont pas non plus besoin de noter les conférences mot à mot. Chaque étudiant  retient  ce qui lui parait important par rapport à ses connaissances préalables et ses  intérêts.  Il est recommandé ; cependant, que les notes de tous les étudiants  reflètent le plan de l’exposé en mettant en exergue ses divisions et subdivisions. Bref, l’étudiant développe un code personnel d’abréviation facilitant la prise rapide de notes qui lui sont compréhensibles.

La participation en classe

Dans les conférences magistrales la participation, ordinairement,  se limite à poser des questions. Certains professeurs n’acceptent que les questions pertinentes à l’exposé, d’autres accueillent favorablement toutes questions de droit. Il est bon de connaitre le style et principes de chaque professeur.

Dans les cours et sessions sous forme de débats, la participation et la préparation sont plus intenses. Les débats offrent l’occasion de développer l’esprit de contradiction et l’esprit de tolérance. Le droit n’étant pas une science exacte, l’étudiant doit s’habituer à ce que ses interventions et celles des autres membres de ses classes soient critiquées (évaluées). Il doit éviter de toucher à la personnalité et à la dignité des autres. Il reconnait que même si tous les commentaires et positions ne soient  pas nécessairement valides, tout le monde peut s’exprimer et à droit au respect. Une façon élégante de critiquer les commentaires des autres consiste à reconnaitre les points solides de leurs arguments et à insister sur leurs points faibles.

Les études
Pour tendre vers l’excellence, l’universitaire  peut combiner les études  individuelles et celles en groupe. Des études individuelles  précèdent et succèdent les études de groupe. Seul, l’étudiant se fait des idées préliminaires de ses cours par la lecture et la réflexion ou par l’utilisation personnelle de moyens audio visuels.

Les études en groupe sont importantes car elles favorisent l’esprit d’équipe qui est une des exigences de succès professionnel. Le groupe d’étude permet de découvrir des perspectives jusque-là inconnues. Il permet aussi de se préparer pour les examens par les échanges de questions et de réponses. De plus, Il facilite la découverte de lacunes personnelles. Le téléphone et l’internet réduisent  l’un des aspects négatifs du travail en groupe : le déplacement. Il est possible maintenant de participer à des discussions, même avec des inconnus, dans des communautés juridiques sur l’internet. Attention ! Au-delà d’un certain nombre de membres les groupes d’étude ou de recherche tendent à devenir dysfonctionnels.

Que ce soit en groupe ou individuellement, les études de droit ne se limitent pas à des lectures passives mais s’accompagnent de réflexions qui se font à la fois par l’analyse et la synthèse. Un étudiant développe une compréhension acceptable d’un thème juridique, s’il est à même d’expliquer les règles le gouvernant, les exceptions dont les règles souffrent  et la place des règles dans le système juridique. Le bon étudiant est celui qui apprend à identifier les concepts de droit, à les manipuler et à les intégrer de manière cohérente en un tout.

Les évaluations
Les évaluations se font généralement par des combinaisons d’examens en classe, de travaux de recherche et de travaux pratiques.

Les tests

Les examens ne sont pas des tests de mémorisation. Même dans les cas de questions de vrai ou faux, il est mieux de se fier à sa compréhension des nuances  qu’à sa mémoire.

Les travaux pratiques

Les travaux pratiques peuvent consistent à commenter des décisions de justice. L’étudiant peut avoir à identifier le tribunal ou la cours qui a rendu des décisions et sa juridiction. Il peut avoir à distinguer les faits, les demandes et les solutions du tribunal et les motifs des décisions. Il s’agit  d’apprécier l’espèce en considérant les issues et les points de droit.

Les dissertations juridiques

Habituellement, il n’y a pas de positions arrêtées dans les sujets de dissertation de droit. Au lieu d’épuiser son énergie dans la recherche de la vraie solution, l’étudiant se concentre à présenter un travail organisé et recherché. Les professeurs ne sont pas tant intéressés aux positions  qu’aux arguments et faits supportant les positions. L’étudiant est encouragé à explorer autant de positions possibles, à retenir les plus importantes, à exposer leurs  forces et faiblesses respectives et à éventuellement proposer de nouvelles solutions.

Attention !  La probité intellectuelle répugne le plagiat dans toutes ses formes. C’est un crime académique de faire passer pour soi ce qui vient des autres. L’étudiant est obligé, sauf en cas d’exceptions approuvées de ses professeurs, d’indiquer adéquatement les sources  des données et idées utilisées pour faire son travail.

La compréhension des questions et devoirs

Quelque soit le format de l’évaluation, l’étudiant gagne à comprendre ce qui lui est demandé. Il ne répond aux questions et n’écrit ses dissertations qu’après avoir appréhendé ce qui est attendu de lui.

Les questions peuvent être fermées ou ouvertes. Quand elles sont ouvertes, l’étudiant différencie celles qui s’intéressent à la description de principes  et de  procédures juridiques ; celles concernant l’exposer de règles et leurs exceptions ; et celles concernant la comparaison d’institutions de droit. Les questions peuvent être aussi inclusives et exclusives, donc s’il ne prête pas attention à ces subtilités, l’étudiant peut connaitre les notions mais rater  ses  devoirs et  examens.

Le mémoire de sortie
Comme les dissertations juridiques c’est un travail  de recherche organisé sur des problèmes de droit. Il est caractérisé par son originalité, sa longueur et sa rigueur. Le travail est dirigé par un professeur accrédité et est soutenu oralement en public après  l’accomplissement du programme.

Bonne aventure
L’universitaire rend son aventure juridique enrichissante et plaisante en s’équipant d’outils émotionnels et intellectuels.  Il  garde son esprit ouvert, est curieux et a soif d’apprendre. Il améliore graduellement ses habilités d’analyse et de synthèse ; d’induction et de déduction. L’étudiant méthodique prépare et suit des  calendriers de recherche,  d’étude, de travail et de loisirs. Au fur à mesure qu’il avance, l’étudiant en droit qui tend vers l’excellence apprend à intégrer  les événements quotidiens dans leurs perspectives juridiques. Ainsi, peut-il pendant toute une vie s’habituer avec les complexités, les fonctions et surtout avec la beauté du droit.

 
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